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Le billet de J.M DELATTE

Au secours... Les godillots reviennent !

13 Septembre 2012 , Rédigé par JM DELATTE Publié dans #En aparté... Sans appartenance !

godillotsRemarquez, dirai-je, que pour marcher sur ses pieds - alors que l’on a trop tendance à marcher sur la tête - en cette période qui décline vers la rigueur, les godillots sont rechaussés aussi bien pour le pied gauche que pour le droit !  Fini les nu-pieds, les sandales de plage, nous allons marcher sur les chardons piquants qui poussent vers le chemin du redressement ! J’ai, cependant, l’impression que je me suis laissé aller en vous parlant de godasses ! Pardon !

Alors, je me corrige immédiatement. Vous l’aviez compris, je voulais parler des « godillots », ces fameux soupirants, inconditionnels, fidèles qui marchent sans discuter, qui suivent à la virgule près les « consignes » d’un parti...  « Les veaux », comme le disait le Général !

Chaque matin, je m’astreins à ma revue de presse et à la lecture des médias sur internet. La une revenant à Harlem DESIR, le « nouveau » secrétaire du Parti Socialiste. Je ne vais pas m’étendre sur son « mode » d’élection - pour ne pas dire le choix implicite du Président - ! Oui, c’est encore un « apparatchik » qui prend la place. Puis, lassé par cette nouvelle qui n’était qu’un secret de polichinelle, j’ai découvert, dans « L’EXPRESS » un petit billet d’un blogueur umpiste, Monsieur David BREXEL  qui m’a rappelé ma jeunesse militante !

C’était en 1968. J’étais en faculté de Droit à ASSAS quand PARIS s’est remis à brûler ! Issu d’un milieu « petit bourgeois de campagne », j’avais une culture - inculquée malgré moi - droitière. Jeune « con » (je suis devenu « vieux con » et le reste...), j’ai suivi l’UNR avec Bertrand FLORNOY, notre député ! Bon je passe ! J’ai milité pendant plus de 13 ans avant de me rendre compte que je servais la soupe à tous ces bons penseurs qui pensaient pour moi ! Le clash, la révélation, ce fût en 1981 ! Faire un second tour contre Giscard, je n’ai pu m’y résoudre ! Alors le militant combatif de toutes ces années a ôté ses lunettes noires (ce n’était pas des RAY-BAN...) et a, enfin, ouvert les yeux ! Je venais d’enfreindre les « consignes » de l’État-major ! Crime de lèse-majesté ? Non, satisfaction de pouvoir enfin me regarder dans le miroir qui durant bien des années n’a été que déformant ! Plus « carté », je redécouvrais le sens de la réflexion, la liberté, ma liberté de penser, de côtoyer celles et ceux que j’avais combattu sans chercher pour autant à convaincre, a adhérer à une « idéologie ». J’avais appris à écouter l’autre, à lui faire observer que son choix n’était pas le meilleur ! J’étais devenu un militant libre...  pour mon pays.

Naturellement que je ne suis pas en accord avec tout ce que font les uns et les autres. Il y a souvent de mauvaises réponses à de bonnes questions et de bonnes réponses à de mauvaises questions. Rien n’empêche d’en parler, d’en discuter.

Aujourd’hui, chacun des deux partis clivent le paysage politique en deux camps : L’un retranché quand il est au pouvoir, l’autre combattant quand il est dans l’opposition ! Ceci fait des lustres que la pratique existe. Alors, où se situe le militant ? Doit-il s’auto-sacrifier sur l’autel de la bien-pensance des clans qui la compose ? Doit-il être le petit troufion d’un chef parmi les chefs ? NON, NON et NON ! Je conçois que l’on puisse se sentir plus proche des « idées » d’un chef que d’un autre, plus proche d’une « sensibilité » que d’une autre, mais toujours fermer sa gueule pour suivre les « idées » du chef, je le réfute pleinement. Suivre le chef, comme on suivrait les sapeurs-pompiers lors de la retraite aux flambeaux, non, merci, je ne suis pas de la partie.

Il faut savoir ouvrir sa gueule, ne pas avoir la trouille de marquer son désaccord, de marquer sa différence dans son propre mode de penser, et ce sera seulement, à cet instant, que vous pourrez dire que vous n’êtes plus un « godillot » !

Oui, je milite pour mon Pays, pas pour un homme - ou une femme - qui n’aura d’yeux que pour lui-même, pour sa propre conquête d’un pouvoir qui rend aveugle et quelquefois sourd. Oui, j’ai mis quelques années (c’est peut-être la vieillesse qui me guette...) pour comprendre que je ne serai plus jamais un valet qui cire les bottes de celle ou celui qui se prend pour la reine ou le roi. Qui se sent redevable de celui qui l’a aidé à être au poste qu’il occupe et qui, un jour ou l’autre le cocufiera !

Militant, mettez donc votre intelligence au service de votre pays et sans aucune compromission, sachez prendre ce qui est bon pour lui,  même quand l’idée n’est pas de votre bord.

Je respecte les uns et les autres. J’ai mes convictions sans pour autant les mettre en exergue car la moindre des politesses devrait nous inviter à écouter l’autre. Tout le monde n’est pas beau, tout le monde n’est pas gentil. Tous les gens de gauche ne sont pas cons, tous ceux de droite non plus !

Non, le « militantisme » ne se doit pas être l’abnégation de soi car, dans ce cas on sombre dans le « dogmatisme » et même parfois « l’intégrisme ».

Bien m’en a pris et je ne regrette rien !

Nota : Je dédie ce petit billet à J.C.

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