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La Crête, vous connaissez ?

J'ai lu un entrefilet dans "Le Figaro" parlant de cette île de la Méditerranée que nous fréquentons depuis plus de 30 ans ! Oui, c'est notre havre de paix, notre repaire d'ami(e)s, notre ressourcerie et nous exultons quand nous y sommes. 

L'article consacré vous fait découvrir cette île en 5 jours !

Je précise, un simple survol, et non une visite détaillée de ce pays que nous aimons tant. Vous ne parcourrez que la façade Nord, presque d'Ouest en Est. Je vous assure que le sud, par son côté encore sauvage, vous enchantera ! 

Je suis un petit écrivain et me suis lancé dans la rédaction d'un petit journal intime qui s'appellera "Mon Odyssée" celle des "Delatte" et non d'Ulysse ! 

En voici un extrait, brut de décoffrage, sans les illustrations.

Bonne lecture ! 

Avertissement

Je m’étais fixé comme objectif de faire partager, après bien des années de visite en Crête comme en Grèce, ma passion pour ce pays du sud si décrié depuis quelques années alors même que tous les dirigeants européens de Bruxelles savaient – secret de prétoire oblige – que les gouvernements successifs avaient « maquillé » la nouvelle recrue de l’Union européenne depuis son entrée triomphale au nom du berceau de la démocratie en 1981 ! Simple coïncidence !

Ce récit n’est autre qu’un moment de lecture illustrée par des instantanés, des coups de cœur et des coups de gueule. Il n’a en rien pour prétention d’être un nième guide touristique de ce pays hellénique. Les ouvrages spécialisés vendus dans toutes les librairies feront mieux que moi.

Je voudrais, tout simplement, vous faire vivre tous ces moments de bonheur que j’ai pu ressentir pendant mes séjours et qui sont devenus presqu’une « maladie d’amour ».

Je voudrais, au préalable, remercier toutes celles et ceux qui m’ont fait découvrir, aimer, comprendre les gens de ce pays.

Donc, un grand merci – sans ordre préférentiel – à Tonia, Costas, Giorgos, Taki, Helena, Nikos, Héléni, Maria et à l’ensemble du personnel du THEMIS sans avoir une pensée émue envers les pionniers de l’époque que furent Monsieur PAPADAKI (et son « stifado » extraordinaire…), son épouse, maîtresse femme qui régissait le personnel de chambres avec poignes. Je n’oublierai pas l’accueil de tous les autres rencontrés dans ces années de périple. Ils seraient trop nombreux à énumérer mais ils se reconnaitront…

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Le titre de ce récit sera : « Mon odyssée » et les illustrations seront des coups de crayon de mon épouse. Quelques photos pour égayer cette aventure seront de la partie surtout celles en compagnie de mes « filos » (ami-e-s).

 

 

 

 

PREAMBULE

Ce fut sur un coup de tête que notre destination estivale pris corps.

L’aventure commence en juillet 1981.

Après avoir mené, en tant que militant plus « qu’inconditionnel » du R.P.R et de la « Chiraquie », une campagne présidentielle qui a vu l’accès au trône de France, de François MITTERRAND, je décidais donc d’aller voir ailleurs… D’aller voir chez les Grecs ! Attention, pas de méprise s’il vous plait ! Tout un poème, n’est-ce-pas !

Un magnifique catalogue « JET TOURS », dans une agence de voyage meldoise, retint mon attention : La Crête ! Banco ! En formule demi-pension uniquement !

La madame de l’agence « Marne et Morin » m’avait convaincu qu’amoureux de site antique, de paysages somptueux, je ne serai pas déçu ! Espérons lui dis-je !

Pas très chaud pour les « transhumances estivales », je cédai malgré tout à la tentation :

Une île entre le ciel et l’eau…

C’est parti !

 

L’arrivée !

Après un vol sans encombre, ma petite famille et moi atterrissons à HERAKLION. Malgré la masse considérable de subventions octroyée, sans vergogne depuis quelques années, par l’Union Européenne, l’aéroport ressemblait à un vieil aérodrome de ville de province. Une bouffée de chaleur inondait l’avion dès l’ouverture des portes ! Le souffle court, nous descendons la passerelle pour aller s’engouffrer dans un bus « OLYMPIC » - qui n’avait plus la forme - aux couleurs défraichies stationné sur le tarmac. Arrivés dans l’aérogare, nous eûmes cette joie de découvrir que nous n’étions pas seuls ! Une cohorte de touristes piétinait, piaffait dans toutes les langues, pour récupérer la livraison des bagages qui tardait ! En guise de bienvenue, pendant cette longue marche vers la délivrance, une guêpe – symbole crétois – me piqua ! Pas de chance, la trousse des petits bobos était dans les valises ! Cà commençait bien les vacances ! Enfin, nous récupérons nos affaires ! Puis ce furent les formalités de douane ! Pas simple, aucun des préposés ne parlaient français ! « Grec only » ! Alors pour un début d’exercice dans la langue des Dieux, j’en fus pour mes frais ! Le charabia complet ! Je m’avance avec mes réminiscences de la langue de SHAKESPEARE : « Do you speak French ? », « Ochi » en secouant la tête… Do you speak English ? « Né » en inclinant la tête ! Le douanier me demandait de présenter mon passeport et d’ouvrir mes bagages ! Ah, que ces grecs sont compliqués !  Bon, enfin la liberté !

Pour rejoindre l’hôtel sélectionné, le THEMIS BEACH, qui se situe à environ 15 kilomètres de l’aéroport, à KOKKINI HANI, nous empruntons un taxi ! Alors là, mes enfants, le vrai délire ! Une vieille «  Marcos » jaune, des sièges défoncés avec des ressorts qui vous caressent les fesses et les côtelettes, la musique grecque à fond, les vitres grandes ouvertes, la poussière de la route, le décor était planté ! Faire 15 bornes par la « old road » - c’était la seule à l’époque car la nouvelle était en construction avec fonds européen, of course – dans une guinde délabrée qui roulait à fond les ballons, l’angoisse ! Une « route » - pour ne pas dire une piste – étroite, pleine de virages, de nids de poule, surplombant la mer… Vous imaginez la peur ! J’avais envi de dire au chauffeur : « Oh mec, tu nous fais danser le sirtaki avant l’heure, tu veux notre mort… On est en vacances »… Je me suis dégonflé ! Dans quelle langue ?

Ouf ! Voici l’hôtel !  Et c’est la séquence traditionnelle : Dépose des passeports à l’accueil, écriture de la fiche de police… No problem ! Et la chambre ? « Elle n’est pas encore prête… Patientez un petit instant… Prenez place au salon » ! Au bout d’une petite heure, qui nous sembla une éternité, nous prenons possession d’une belle chambre avec grand balcon et vue sur la piscine et la mer ! La 148 ! Un petit paradis ! « Çà y est, on est en vacances », dit Hélène, mon épouse. Allons prendre une bonne douche pour ôter toute cette poussière accumulée pendant la traversée épique ! Et, pan, pas de bol, pas d’eau ! Je bondis à la réception pour déclarer cet incident. « Vous ne le savez certainement pas, Monsieur, mais nous n’avons pas l’eau courante ! Nous remplissons la citerne en ce moment ! » Mais où donc ai-je mis les pieds ? Je fulminais et me demandais si je n’allais pas repartir ! C’est à ce moment qu’un ange blond vint à mon secours ! Elle parlait le français et avec son sourire enjôleur, elle m’expliqua la situation générale des crétois pour l’approvisionnement en eau. Je venais de rencontrer Tonia, fille du propriétaire de l’hôtel. Et dès cet instant, je me mis à aimer… les crétois ! Ce fût le début d’une longue amitié qui, aujourd’hui encore, s’est transformée en véritable complicité !

Au diable les petits tracas du petit français que j’étais ! Un rayon de soleil venait de transformer ma vision des choses et je me sentis devenir un crétois ! La métamorphose !

Le premier diner pris dans cette grande salle de restaurant, un peu impersonnelle, où chaque « touriste » avait sa place attitrée, me laissa un goût un peu amer. Un vaste buffet garni – avec plus de « spécialités européennes » que crétoises – ne chatouilla pas mes papilles ! Mais la prévenance, le sourire, de ZACHARIS, le maître d’hôtel, fit passer la bouffetance au second rang ! Hélène me demanda si nous allions manger crétois au moins une fois. Et de lui répondre : « Mais oui, ma chérie, mercredi soir, près de la piscine, il y a une « soirée crétoise » avec musique et danse folklorique » ! Qui te l’a dit ?  Yannis, le barman ! Nous n’étions que samedi ! Patientons donc l ! Difficile, je l’avoue !

Le matin, assez tôt, nous descendons pour le petit déj façon buffet. Superbe – de loin -  mais les goinfres, les spécialistes de ce type de vacances avaient déjà fait main basse sur les œufs bacon, le yaourti me meli, - pas difficile à traduire : yogourt au miel mais pas n’importe quel miel, le miel de thym -, les saucisses, les œufs brouillés ! Encore une fois, ZACHARIS se porta à notre secours ! Pour le café, c’est du jus de chaussette ! Rien à voir avec notre « expresso » ! Allons, mettons çà de côté ! Vite à la plage ! Pas de vague, du bleu, du sable, des « sun-beds », des parasols, du soleil ! Installés près de la mer, un personnage – le plagiste de l’hôtel – surgit ! Eh oui, le confort se paye même petitement ! Et ce sera presque le même rituel pendant ces trois semaines mais… trois semaines sur la plage… Mission impossible ! Quant au plagiste, je vous en dirai quelques mots, un peu plus loin !

La demi-pension, c’était pour le soir ! Et le midi ? Il y avait, près de la piscine de l’hôtel, une terrasse surplombant la plage. Un havre de paix, un vrai petit bonheur ! On y servait des « sandwiches » et quelques plats typiques ! On n’était pas venu pour manger à l’européenne ! On  opta donc pour les petits plats crétois. Au fur et à mesure de nos déjeuners à la taverne de l’hôtel, je fis connaissance – très extraverti, je le suis – de « Yannis » et de « Maria » qui officiaient en guise de serveur. Puis, un beau matin, avant le pti’dej, en descendant à la plage pour marquer notre territoire (pose de serviettes sur les sun-beds), je vis un homme, déjà d’un certain âge qui s’affairait dans la « cuisine » de cette sympathique taverne. J’appris, par notre serveur, devenu notre ami – et il l’est encore aujourd’hui en 2023 – que ce monsieur était le père historique, le fondateur de l’hôtel exploité depuis par ses enfants. A cet instant, une grande complicité s’installa entre DIMITRI et nous. Nous n’étions plus des « touristes ordinaires » mais ses hôtes ! Combien de fois suis-je entré dans cette pièce où l’odeur du « stifado » (ragoût) chatouillait et démangeait mes papilles ! Tous ses « stifados » étaient des merveilles : le « gourouni » (cochon), « l’arnaki » (l’agneau), le « kounelli » (le lapin), le « kotopollo » (le poulet)

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Les premiers pas… pas à pas… qui ne comptent pas !

Bon, jouer au tournebroche à longueur de journée, ce n’est pas notre « truc » ! Se reposer, certainement mais s’enrichir culturellement c’est mieux ! Il nous fallait donc bouger, visiter en se lançant à l’aventure dans le paysage crétois ! La méthode à « sept mille » nous a appris quelques rudiments de la langue comme « Bonjour » ou « Kalimèra », « Bonsoir » ou « Kalispèra », « Oui » ou « », « Non » ou « Ochi»… C’est d’une logique implacable ! Pour moi, « ochi », c’est oui  et «  », c’est non ! Alors les confusions furent nombreuses entre le « ochi » ou le  « né » !

Mais était-ce bien suffisant pour entreprendre l’escapade crétoise ?

Alors commença l’apprentissage sur le tas ! Des incompréhensions à la pelle même avec le dico franco-grec ! Et, pour corser le tout : l’écriture ! Tenez un exemple : Μιλάτε γαλλικά ? Vous lisez ? Vous comprenez ? Pas possible, vous êtes Grec ! Pour moi, ce sont des signes cabalistiques ! Vous donnez votre langue au chat ? Prononciation : « Milate Gallica ? », ce qui veut dire : « Parlez-vous Français ? »  Et dire qu’ils sont dans la CEE ! Merci Giscard, tu aurais pu, toi l’amoureux des lettres, exiger qu’ils adoptent notre écriture dès 1974 ! Bon, il faudra s’y faire ! L’apprentissage risque d’être long mais ne jamais désespérer !

D’abord, trouver une voiture de location ! Depuis l’entrée officielle de la Grèce dans la CEE, en 1981, du « Rent a car », vous commencez à en découvrir un peu partout sauf à KOKKINI HANI ! Il faut encore emprunter le « taxi jaune », le fou du volant, pour rejoindre un stand de location de voitures…  à l’aéroport ! J’avais, à titre professionnel, une carte « H….Z » (sans aucune publicité !) et me rendis à l’accueil. De belles hôtesses grecques ! Bon, on se met d’accord, on évite les barrières de la langue et on converse en English ! Je dégote une « Opel Kadett » ! Banco ! En route pour KOKKINI ! N’ayant pas besoin de lire les panneaux écrits en « cyrillique » car ma mémoire visuelle avait enregistré le parcours du taxi driver, je rentre à l’hôtel, sain et sauf ! Ouf ! On ne va plus faire de la rôtissoire !

Avec les papiers de l’Opel verte, je m’en souviens, il y avait une carte de la Crète. A la taverne, près de la plage et de la piscine, devant une bière locale et un pur jus d’orange (ou chymos portokalia, merci Yannis, qui se traduit par jus frais), nous déployons le sésame qui allait nous faire entrer dans l’aventure.

Après quelques discussions avec Hélène, mon épouse, nous optons pour une formule d’un jour sur deux à la conquête de la Crète. Sagesse grecque oblige ! Et puis, Mickaël, notre fils aime tant la plage et la mer, que nous ne voudrions pas le priver d’un plaisir sain ! Un vrai canard tant il adore se baigner !

Dès le p’tit-dej avalé, nous partons tous les trois pour Héraklion, la « capitale ». Nous longeons cette côte escarpée où la mer d’un bleu intense rivalise avec le ciel. A quelques encablures, l’île de DIA émerge avec ses collines désertiques, avec sa végétation rabougrie grillée par les rayons ardents du soleil. « Y-aurait-il une vie humaine ? » Il faudra que je pose la question ! Bon, nous voici pris dans les affres de la circulation urbaine ! Quel merdier, ils se garent n’importe où ! Des bagnoles en double ou triple file, des bus qui crachent comme des sépias, des camions de livraison et des scooters plus ou moins rafistolés !

C’est la galère ! Bon, tu me diriges car je ne comprends rien à l’écriture des panneaux sauf « center » ! Je suis « center »… Et nous voici au centre ville ! Maintenant, il faut stationner et commence la chasse à une place ! Tiens, en voici un qui s’en va ! Je veux prendre l’endroit libéré ! Un coup de sifflet retenti et un poulet grec, sorti de derrière je ne sais quoi, me fait comprendre que ce n’est pas une place de stationnement ! Il est sérieux le bonhomme ! Il a, à la main, un gros carnet de contravention ! Donc, j’obéis… à contre cœur ! Et rebelote ! Mais c’est infernal ! Je m’aventure dans des ruelles étroites et bingo, je dégote une place ! « Bon, tu essayes de te souvenir de l’endroit » car il nous faudra retrouver la voiture ! « Nous sommes près du port et de la forteresse vénitienne », ce sera facile de se repérer ! Nous marchons, appareil photo en bandoulière, dans ces ruelles au charme envoutant sans but particulier, au hasard ! Nous arrivons, sans le savoir, dans une avenue où banques, commerces, échoppes de souvenirs, se comptent par dizaine ! « Profitons en pour changer nos traveller’s ». Nous entrons donc dans la banque de Grèce. Un guichet aussi long qu’un zinc d’un beau bar parisien nous invite ! Et derrière, un guichetier, presqu’enfoui sous des liasses de billets, empile les drachmes en tas ! Un véritable mur qui n’est pas de protection mais de tentation ! Il est vrai que la drachme est comme la lire italienne… Une monnaie « faible » ! Pour 1 franc français (pas suisse !) vous avez environ 50 drachmes ! Une brouette est nécessaire pour véhiculer la monnaie locale ! Nous changeons donc nos traveller’s et repartons avec des liasses de billets, presqu’un bréviaire ! Incroyable cette fascination de la richesse virtuelle ! Nous remontons l’avenue du 25 Αυγούστου… Pour votre gouverne : Il s’agit du 25 août 1898, date « historique » crétoise marquant le massacre d’Héraklion par les Turcs. Tiens, regarde cette église me dit mon épouse. Magnifique édifice qu’est Agios TITOS ou Saint TITUS. Juste un petit rappel historique sans vouloir en faire une page de guide touristique… En 961, Nikiforos Fokas chassa les Arabes de la Crète et on érigea le premier temple orthodoxe d’Agios Titos, dans un but de ranimer la foi et la tradition chrétienne en Crète. Les reliques de saint Titus ont été transportées dans le nouveau temple.
Pendant l’occupation turque, le temple d’Agios Titos fut attribué au vizir Fazil Ahmet Köprülü, qui l’a reconverti en mosquée. Le temple ayant été ruiné à la suite du grand tremblement de terre de 1856, il fut reconstruit en tant que mosquée ottomane par l’architecte Athanassios Moussis. Dans les années 1920, quand les derniers musulmans quittèrent Héraklion à la suite de l’échange de populations entre la Grèce et la Turquie, le minaret d’Agios Titos fut démoli. Actuellement, le temple, qui fut restauré par l’Église de Crète en 1925, est orthodoxe et il est consacré à saint Tite ou Titus qui était le disciple de l’apôtre Paul. Merci Hélène, toi la passionnée d’histoire de l’Art. Heureusement que nous sommes assez respectueux des us et coutumes – j’allais écrire des costumes ! – et que nous revêtions le pantalon et non le short ! Combien de « touristes » furent refoulés par le Pope pour tenue dite négligée ! L’intérieur est tout d’or ! Comme l’était nos églises d’antan ! Des icônes somptueuses sur des retables, un lustre impressionnant au milieu, le faste de l’orthodoxie. A découvrir, absolument !

Et ce n'est que le début d'un long séjour !

à suivre... Peut être !

Tag(s) : #Tourisme perso, #Art et culture
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