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Publié par Delatte JM

Ça eut payé…

Mais ça ne paie plus ! C’était il y a un demi-siècle que Fernand RAYNAUD campait un fameux pousse-mottes près de ses sous et toujours porté à se plaindre… « C’est pas mauvais mais c’est pas ça » ! Jamais content, jamais satisfait… Toujours plus !

 

Et pourtant : La France reste le 1er producteur européen de blé avec 70 millions de tonnes de céréales produites sur 1/3 de la surface agricole utile. Cependant, la variation des cours européens et mondiaux ne permet pas d’assurer un revenu stable à la profession... Notre département compte 336.000 ha de surface agricole utile (SAU) dont 82 % dédiés à la grande culture. Le maraîchage représente 856 ha et l’arboriculture 568 ha ! Les oléagineux et protéagineux couvrent 18 % quand les céréales en apportent 63 %. Le parent « pauvre » du secteur étant la betterave avec 8,3 %.

 

Aujourd’hui le « monde agricole » se cherche une voie de secours qui ne soit pas une voie de garage ! Qui n’a pas transformé une partie de sa ferme en gîte ? Qui n’a pas opté pour la fabrication et la vente de produits dérivés fermiers (glaces, yogourts, viandes, volailles…) Perrette et le pot au lait retrouvent l’actualité ! L’engouement des produits certifiés de proximité est un bien pour tous ! Eh bien…

 

Ceci n’est pas suffisant puisque certains de nos agriculteurs seine et marnais se lancent dans le segment de l’énergie verte qu’est la « méthanisation » afin de produire de l’énergie à partir de déchets organiques. Deux communes du Pays de l’Ourcq sont en lice : May en Multien (Biogaz du Multien) et Coulombs en Valois. Ces deux projets recevront une aide de 757.600 € de la région IDF chacun pour un investissement unitaire de plus de 5,5 millions d’euros.

 

Le « biogaz » devrait représenter 10 % de la consommation de gaz naturel en 2030. Les méthaniseurs permettent de valoriser une grande diversité de déchets organiques y compris les déchets graisseux ou très humides qui ne peuvent être que compostés. CE SONT AUTANT de DECHETS EN MOINS à INCINERER et à METTRE en DECHARGE ! Le résidu appelé « digestat » servira de fertilisant ou comme amendement. MOINS d’engrais de SYNTHESE…

 

La culture vivrière des exploitations de MAY en MULTIEN (groupement de 5 agriculteurs qui représentent une surface agricole de 1.987 ha) et de COULOMBS en VALOIS (groupement de 2 agriculteurs qui représentent une surface agricole de 621 ha) se verront affecter par la plantation d’intrants (Culture Intermédiaire à Vocations Energétiques ou C.I.V.E) comme le maïs à ensiler, le sorgho, le tournesol, l’avoine...

A ces intrants seront ajoutés les pulpes de betterave, les issues de silos, les écarts de tri (pomme fruit, pomme de terre, oignon) et tontes de gazon. Les digestats récupérés seront utilisés soit dans leur propre champ, soit revendu aux autres agriculteurs. Près de 20.000 tonnes/an seront produites sur ces deux sites.

 

Quant à la rentabilité ? Pour les petites structures, une rentabilité suffisante mais le loup se cache dans les détails. En effet, l’ADEME écrit qu’aujourd’hui, « les aides publiques (dispositif de soutien aux investissements ou à l’énergie produite) restent cependant essentielles pour assurer la concrétisation des projets ». En conséquence, elle recommande que les dispositifs de soutien public soient les plus stables possible pour assurer une bonne visibilité aux porteurs de projets comme aux financeurs.

 

D’autres questions se posent : Les odeurs ? Les transports d’approvisionnement d’intrants et des digestats ? Le danger des installations GAZ ? L’impact paysager ?

 

Je ne suis nullement hostile à cette prise de risque mais pourquoi ces projets n’ont-ils pas été portés par la Communauté de Communes en y intégrant la récupération des déchets pouvant entrer dans les intrants, ce qui aurait pu faire baisser le coût de la collecte des déchets ?

 

Ce n’est qu’une question qui demeurera sans réponse !

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