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DELATTE Jean Michel

L'ouverture d'esprit favorise le dialogue... Ne joue pas les contempteurs de l'actualité... Apprécie l'écriture... Évite - si possible - les attaques personnelles... Très extraverti de nature ! Page FACEBOOK qui n'est pas un "relais" !

Le Grand Charles revenu au paradis… sans être Latin !

Le Grand Charles revenu au paradis… sans être Latin !

Ayant été sage au Paradis,

Saint Pierre l’envoya sur terre.

De son séjour, un défi,

Il rejoignit son univers.

Yvonne tricotant, assise sur son banc,

Vit arriver son grand Charles titubant,

La mine défaite, prêt à défaillir.

Mais le banc était là pour le recueillir.

 

Yvonne :

Depuis que de Saint Pierre vous eûtes permission

De retourner sur Terre ausculter la Nation,

Sur ce banc j’attends votre venue...

Mais je lis dans vos yeux une profonde déconvenue !

Parlez-moi sans tarder de celle qui toujours

Fut jadis avec moi l’objet de vos amours...

 

Le général :

Vous voulez dire France à qui j’ai voué ma vie,

Ne cachons point son nom ! Je vous en remercie !

Malgré les embarras, les peines, les tracas

Qu’elle a pu me donner et dont je fais grand cas !

Pendant aussi longtemps de l’avoir tolérée.

Sans jamais la punir, la gronder la blâmer !

Yvonne :

Eh bien ?

Le général :

Mais ma chère Yvonne, elle est défigurée !

Yvonne :

Charles, je compatis, c’est une peine extrême

De voir les traits meurtris d’une femme qu’on aime.

Le général :

Oh, ce n’est pas que cela !

Il m’en faudrait bien plus pour être dans cet état.

Je ne m’attendais pas à la revoir pucelle !

Mais on peut décliner… sans cesser d’être belle !

Si le corps en hiver n’est plus à son printemps

L’âme de l’être aimé sait résister au temps !

Yvonne :

C’est donc son âme ?

Le général :

Oh ma bien aimée, Madame,

Hélas ! Si je n’étais pas au ciel

Près de vous, à l’abri des chocs existentiels

Ce que j’ai vu m’aurait donné le coup de grâce !

Yvonne :

Mais qu’avez-vous donc vu mon ami ? Vos silences me glacent !

Le général :

France, mère des Arts, des Lettres et des Lois...

Ô Dieu, l’étrange peine ! Et quel affreux émoi !

Quelle désillusion, quelle désespérance,

De revoir sa maîtresse en telle déshérence !

Yvonne :

Mais encore, précisez… je reste sur ma faim !

Vous m’inquiétez Charles ! Qu’avez-vous vu enfin ?

Le général :

J’ai vu, j’ai vu, Oh ciel ! J’ai vu... Comment vous dire...

Comment bien s’exprimer quand on a vu le pire ?

J’ai vu un président, la cravate en goguette,

L’air hébété, le regard flou et la mine défaite,

Vous voyez le tableau ! Oh, madame, j’ai honte

De certifier pour vrai tout ce que je raconte !

C’est la chienlit, vous dis-je et pas qu’en les faubourgs !

Comme ce fut le cas quand nous jouissions du jour

Mais dans le Saint des Saints, au cœur de l’État même

Où tout devrait baigner dans un accord suprême.

J’ai vu des gouvernants qui ne gouvernent rien…

Et un peuple hébété les traiter de vauriens !

J’ai vu des ministrons se tirer dans les pattes

Plus divisés entre eux que ne sont les Carpates !

J’ai vu, comme jadis, tous ces « politichiens »

Se disputer leur os, hargneux comme des chiens.

J’ai vu dans la maison où j’ai régné dix ans

Un orchestre amateur gratter ses instruments

Dans la cacophonie ! Et dans ce grand bazar

Le moindre paladin se prendre pour César :

L’un fraîchement nommé, jouant les petits saints,

S’exonérer d’impôts et trouver ça très bien !

L’autre, obscur conseiller, quérir à son de trompe

Un larbin stipendié pour lui cirer les pompes !

Geste surréaliste au temps qui fut le mien !

Mais j’allais oublier, et là, tenez-vous bien !

Pour couronner, j’ai vu, ne frappez pas vos cuisses !

Le gardien du budget planquer son fric en Suisse !

Yvonne :

N’êtes-vous point sévère avec ces jeunes gens

Tout fiers d’avoir acquis un certain entregent ?

Ces nouveaux Rastignac jadis vous faisaient rire

Et ne vous mettaient pas dans une telle ire !

Nous connûmes souvent et du temps de nos rois

Nombre de grands coquins qui s’exemptaient des lois

Et même pour certains sombraient dans la débauche !

Le général :

Mais aucun de ceux-là ne se disait de gauche !

Alors que ces pignoufs, sinistres polissons,

Se pavanent le jour en donnant des leçons !

Je me suis renseigné sur l’histoire récente

Pour comprendre un peu mieux ces façons indécentes,

Et qu’ai-je appris Grand Dieu ?... Mille calamités

Sur des gouvernements qui semblent tout rater !

Depuis plus de trente ans, on s’agite, on spécule !

Ce qu’on avance un jour, ensuite on le recule,

Dans un rythme effréné qui donne le tournis…

Ça n’est plus du tango, c’est la danse de Saint Guy !

Le peuple abasourdi par ces folles pratiques

Ne voit pour l’avenir que funestes musiques !

Il s’agite à son tour, ployant sous les impôts,

Résiste à tout diktat, discute à tout propos,

Tire à hue et à dia et renverse la table !

Un peuple ingouverné devient ingouvernable !

Je confirme et j’illustre, écoutez bien ceci,

C’est un tableau d’en bas que je vous fais ici :

A-t ’on pris décision dans les formes légales

Que l’on voit illico se former des cabales !

L’un met un bonnet rouge et l’autre un bonnet vert

En prétendant agir au nom de l’Univers !

Quelques illuminés ou quelques fous furieux

Hurlent en vomissant des slogans injurieux,

Pillent les magasins, éructent, gesticulent,

Cassent trois abribus !... Et le pouvoir recule !!!

Yvonne :

Mais que fait la Police et que font les Gendarmes ?

Le général :

Le moins possible hélas ! Ils ont du vague à l’arme !

Car si par aventure on coffre un malfaisant

C’est la Garde des Sceaux qui porte les croissants !

Les socialos naïfs rêvent dans les nuages,

Se bercent d’illusions dans leurs lits d’enfants sages !

Confrontés au réel, ancrés dans le déni,

Ils sont tout étonnés quand ils tombent du nid !

Les jeunes snobinards, que bobos on appelle,

Vitupèrent gauche et droite en faisant bien pis qu’elles !

Les tribuns de la plèbe agitent leurs grelots :

L’un veut saigner Neuilly pour nourrir le prolo,

L’autre clame à grands cris qu’il faudrait tout virer

Quitter l’Europe et s’enfermer !

Et les deux réunis proposent des programmes

Qui traduisent le plat de leur encéphalogramme.

Yvonne :

Mais où sont les anciens ? Gaullistes et Cocos !

Qui, eux, savaient pousser de grands cocoricos !

Le général :

Leur QG moscovite ayant pété les câbles,

Les Cocos d’autrefois sont quasi introuvables !

Yvonne :

Bonne nouvelle, au gué ! Tout espoir n’est pas mort !

Souvenez-vous du temps où ils étaient si forts !

Plus de Rouges enfin, en travers de la route !

Mais la tige est teigneuse... il en reste, sans doute ?

Le général :

Oui, vous avez raison, ce sont de grands pervers...

Les derniers survivants se sont faits repeindre en vert !

Quant à nos vieux amis gaullistes de baptême,

On fleurit leur tombe, avec des chrysanthèmes...

C’est leurs petits merdeux qui piaillent à présent,

Et se bouffent le nez pour occuper leur temps !

L’un d’eux, le plus remuant, habile en artifices

Se débat aujourd’hui dans les Cours de Justice.

Je crains pour mon malheur, avoir œuvré en vain,

Mon costume est trop grand pour habiller ces nains !

Yvonne :

Oubliez tout ceci, laissons la politique

Qui vous fait enrager et tourner en bourrique.

Parlons d’autres sujets plus gais et plus légers,

Des lieux que j’ai connus... Paris a-t ’il changé ?

Le général :

Heureusement, pas trop. On reconnaît la ville,

J’ai pu me promener jusqu’à St Louis en l’île.

Pompidou, un peu snob, pour marquer son séjour,

Fit une usine à gaz au quartier de Beaubourg.

Giscard n’a rien cassé… c’est déjà quelque chose !

Mitterrand l’a suivi tenant au poing sa rose !

Mais lui, plus mégalo, se croyant pharaon

S’est plu à imiter le roi Toutankhamon.

Il sema pyramide aux parterres du Louvre,

C’est l’Égypte à présent qu’en ces lieux on découvre !

Chirac, plus primitif, a voulu, quai Branly,

Honorer les Dogons, les Peuls, les Chamboulis

À leur art, dit premier, il a su rendre hommage,

Le monument s’efface au milieu des feuillages...

Je n’ai pas retrouvé les halles de Baltard

À leur place un chantier avait pris du retard.

Et quant à l’Élysée où vous fûtes naguère,

Ce n’est plus un palais… c’est une garçonnière !

Yvonne :

Une garçonnière ! Grands Dieux, comment est-ce possible ?

Vous me faites plonger dans un monde indicible !

Le général :

Oui, les mœurs d’aujourd’hui connaissent quelque audace,

La contrainte est bannie et la honte fugace !

Ce qu’on cachait jadis, on l’étale à présent,

L’inverti manifeste, et la lesbienne autant !

On divorce partout : mariage... anachronique !

Sauf pour certains homos qui, eux, le revendiquent !

La déviance est très mode et ne fait plus horreur,

On l’exhibe à tout vent, mieux que Légion d’Honneur.

 Yvonne :

Du calme, mon ami, modérez cet orage !

Laissez donc reprendre votre courage !

Le général :

Mais, mon cœur, laissez-moi m’expliquer plus avant,

Et vous aurez la clé de cet emportement.

Si vous aviez pu voir, même de votre rive,

Ce qu’il m’est advenu juste avant que j’arrive,

Vous auriez, c’est bien sûr, eut le souffle coupé !

Je reprends mon discours, où je l’avais laissé :

Ayant à satiété subi les psychodrames

Des gauchos, des fachos et de tous ceux qui brament,

Avant de repartir, j’ai voulu, bon mari,

Faire un tour à La Boisserie !

Et c’est ainsi tremblant, et d’horreur et de rage,

Que vous me revoyez en ces nobles parages.

Yvonne :

Calmez-vous ! Les Français autrefois ont fait pis !

Et même en votre temps, vous fûtes déconfit

Par leur acrimonie et par leur inconstance,

N’ont-ils pas, bien des fois, frôlé la décadence ?

Je me souviens d’un jour où, par eux excédé,

Vous les aviez traités, je crois, de bovidés ?

Le général :

C’est possible, en effet, dans un accès de doute

Où leur grande inertie entravait trop ma route !

Mais, Madame, aujourd’hui, ils ont fait bien plus fort !

Les Français sont des veaux, gouvernés par des morts !

Yvonne :

Mais vous n’y pouvez rien ! Laissez à Dieu le père

Le soin de réprimer tous ces coléoptères !

C’est ainsi et c’est tout ! Le Français, français né,

Sera toujours paillard et indiscipliné,

Toujours libidineux, frondeur si nécessaire,

Arrogant, belliqueux et même téméraire,

Et cela en dépit de centaines de lois,

Car s’il n’est plus gaulliste… il demeure gaulois !

Le général :

Oui, vous avez raison, Mamie, j’ai tort, je m’obnubile

Et ne fais rien de mieux que m’échauffer la bile,

Laissons aux successeurs ce monde convulsif...

Et allons à Colombey, prendre l’apéritif !

 

Cette parodie ne sera pas du goût de tous ! Mais le Grand Charles a de quoi être en colère quand on ose débarbouiller la France !

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À propos

Delatte JM

Ni rebelle, ni godillot, je voudrais que ce blog soit celui de la liberté de la parole, dans le respect élémentaire de la civilité, de la tolérance et le lieu d'échange dans la confrontation d'idées.
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